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Angélique, surveillante pénitentiaire devenue chargée d’applications informatiques (CAI) à la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires (DISP)

J’ai une formation généraliste scientifique, baccalauréat série D (math, bio, physique). De nombreux petits travaux se sont succédés pendant des années, puis j’ai préparé activement les concours des administrations, pour la sécurité de l’emploi -il faut bien l’avouer- mais aussi pour les perspectives de carrière que ces administrations pouvaient proposer. En 2000, j’apprends que je suis reçue au concours de Surveillant Pénitentiaire (ministère de la Justice). J’en suis très contente, et j’ai même hâte de pouvoir commencer ma formation dans les tout nouveaux locaux d’Agen.

La formation dure 8 mois, dont deux de mise en situation en établissement pénitentiaire. La loi sur la parité nous a amenées à accepter d’exercer nos fonctions en détention homme, et cela ne m’a pas inquiétée car j’avais passé quatre ans en brigade de nuit (0h/6h, 5 nuits par semaine) dans un Centre de Traitement du Courrier (La Poste). La seule inconnue pour moi était le contact avec les personnes placées sous main de justice (PPSMJ).

Du fait de la nouveauté des Surveillantes en détention homme, nous étions assez bien reçues par les PPSMJ. Toutefois au bout de trois ans, les PPSMJ ne voyaient plus en nous qu’une tenue bleue qui les enquiquinait avec le respect d’un règlement intérieur. En effet, en établissement pénitentiaire, une PPSMJ ne peut pas faire ce qu’elle veut quand elle veut, tout est réglementé. Il y a des horaires spécifiques pour chaque chose, les repas, les douches, les promenades, les activités, etc.

Après avoir évité de justesse un coup de poing donné par une PPSMJ, j’ai décidé de passer le concours interne pour devenir Chargée d’Applications Informatiques (CAI). En 2003, je retournais à l’école pour une formation de 3 mois, avec un examen final, validant ou non notre statut. Nous n’étions donc pas sûr d’être pris comme CAI.

Maintenant, je suis en Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires (DISP) et je m’occupe des applications informatiques utilisées par notre ministère. Nous avons aussi un rôle de support pour la formation des utilisateurs, pour faire évoluer le parc informatique, etc.

Notre métier est très riche car nous sommes en contact avec les personnels qui interviennent en établissement pénitentiaire, ceux qui s’occupent du côté réinsertion et préparation à la sortie. Il faut bien savoir que même si on est surveillant, on subit d’une certaine manière la privation de liberté, comme les PPSMJ. La différence est que nous pouvons rentrer chez nous après le travail, que nous pouvons penser à autre chose, être libre de nos mouvements pendant une certaine période de la journée.

Notre métier est parfois dur, parfois stressant, parfois contraignant (rythme de travail et vacances imposées en service posté), parfois dangereux, parfois tout cela à la fois, mais nous exerçons une des missions régaliennes de l’État.


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