Concours, entretiens : 10 conseils pour répondre aux attentes des jurys

Concours, entretiens : 10 conseils pour répondre aux attentes des jurys

À l’écrit comme à l’oral, les membres de jurys attendent des « signaux » pour identifier les candidats à sélectionner. Qualités à révéler, défauts et pièges à éviter, voici une mine de conseils en 10 questions/réponses.

1. Les candidats doivent avoir à l’esprit que ce sont de futurs agents.
Concrètement, quelles qualités sont attendues ?

Les qualités demandées aux candidats à l’écrit sont : la rigueur dans le raisonnement appuyé sur des exemples, et de la méthode. Cela représente 50 % de la note.

Dans les concours administratifs, il s’agit avant tout d’identifier les candidats qui savent expliquer les choses. Il ne leur est pas forcément demandé des connaissances approfondies. Ce ne sont pas des concours d’érudition. Les candidats doivent démontrer leur faculté de déduction, de raisonnement, de logique et d’argumentation.

Ils ne doivent pas simplement reproduire la pensée d’un auteur, d’un philosophe, d’un sociologue… ni, lorsqu’ils sont encore étudiants, leurs cours. Il faut savoir exprimer sa réflexion personnelle sur le monde actuel. C’est d’ailleurs pour cette raison que les littéraires réussissent mieux les concours que les juristes, qui éprouvent des difficultés à prendre du recul par rapport à la jurisprudence.

2. À l’écrit, qu’est-ce qui fait la différence entre les candidats ?

La qualité de l’expression écrite, car tout le monde a à peu près les mêmes références. Les copies doivent être bien présentées, aérées, car elles dénotent une pensée cohérente, logique. À éviter : les ratures et l’usage du blanc correcteur.

3. Quels sont les plus grands défauts des candidats ?

Le manque de style, un vocabulaire défaillant. Un candidat sur deux rédige très mal, fait des fautes d’orthographe et de syntaxe. Lorsqu’il y a trop de fautes d’orthographe, le correcteur ne voit plus que cela !

Autre défaut : le manque d’organisation du raisonnement, la rédaction de phrases péremptoires du type « il faut que le Gouvernement régularise tous les sans-papiers »… ou la reproduction de paragraphes appris par cœur.

À l’oral, il faut apprendre à ne pas se laisser empêtrer dans ses connaissances, ne pas bégayer, éviter les tics gestuels. Souvent, les candidats éprouvent des difficultés à contrôler leur émotivité, s’expriment parfois gauchement. Il faut donc s’entraîner.

4. Les rapports de jury soulignent la nécessité pour les candidats de faire preuve d’ouverture d’esprit, de réactivité.
Comment cela se traduit à l’écrit comme à l’oral ?

Cela se traduit par une maîtrise du langage, une grande vivacité d’esprit, une capacité à télescoper des réalités économiques, sociales, juridiques, une grande diversité de vocabulaire.

La réactivité se traduit par la capacité du candidat à se prêter au dialogue, qui n’hésite pas à reprendre les questions, et à les développer sous différents axes. La plupart des candidats sont faiblement armés à l’oral, car ils ne font pas suffisamment preuve de curiosité.

5. La note de synthèse est l’épreuve qui se rapproche le plus d’une activité professionnelle.
Comment la réussir ?

Il faut beaucoup s’entraîner, les premières notes de synthèse sont toujours très mauvaises. Les candidats rédigent des dissertations ou des résumés. Il faut bien structurer le propos dans un style efficace, rédiger quatre à cinq pages au maximum. Il faut également apprendre à discerner les documents parasites des documents essentiels.

Généralement, ce sont les articles de presse qui entrent dans la première catégorie, les textes essentiels étant ceux à caractère législatif : les décrets, lois et circulaires. Les candidats peuvent rédiger une fiche par document, avec éventuellement des regroupements par thème. Il faut bien garder à l’esprit qu’il s’agit d’une commande d’un supérieur hiérarchique.

6. Une copie inachevée est-elle toujours préjudiciable ?

Oui. Elle n’a aucune chance d’avoir la moyenne. C’est aussi un critère éliminatoire. Le mieux est de soigner particulièrement la conclusion, car de nombreux candidats la bâclent. Il faudra éviter de clore le sujet en posant une question qui interpelle le correcteur. Beaucoup de candidats y emploient un ton impérieux, sentencieux. C’est à proscrire.

7. Comment enrichir sa culture générale en vue des concours ?

Il faut se tenir au courant de l’actualité, en lisant des quotidiens, et plus particulièrement « Le Monde », car de nombreux sujets sont influencés par les analyses parues dans ce journal.

Bien connaître un ou deux auteurs un peu à la mode et s’approprier leur dialectique peut s’avérer très utile. Le jour des épreuves, face à un sujet, le candidat se rappellera ce que cet auteur a écrit sur le sujet et s’en servira comme point de départ pour sa réflexion. Il sera plus confiant.

8. À l’oral, comment impressionner favorablement un jury ?

Il faut être très clair, ne pas hésiter à insister sur le déroulement de son exposé : premièrement, deuxièmement… Il faut éviter les silences, et plutôt réfléchir tout haut. L’oral idéal doit établir un dialogue. Le candidat doit se prêter à la discussion. Il ne faut pas être agressif, mais avoir une philosophie personnelle afin de s’engager.

Le candidat qui a du tempérament fera la différence avec celui qui est fade, consensuel. Dans le comportement, il faut éviter de crisper les mains, de jouer avec son stylo, car cela dénote un fonctionnaire qui manquera de confiance en lui. Mieux vaut utiliser ses mains pour appuyer son argumentation, communiquer avec le jury.

9. Et côté vestimentaire ?

Pour les filles, pas de décolletés, et pour les garçons, il est inutile de s’habiller en premier communiant ! Par sa tenue, il faut simplement montrer au jury du respect. Il ne faut pas oublier qu’à l’oral il s’agit de cooptation : les membres de jury se demandent : « ce candidat peut-il me remplacer ? »

10. Être surdiplômé est-il un handicap ou un avantage ?

C’est la prestation du candidat qui est jugée. Les correcteurs à l’écrit n’ont pas d’informations sur son parcours. Mais il est vrai que les surdiplômés posent problème à la Fonction publique, car ils peuvent avoir des difficultés à s’adapter au poste et vouloir repasser d’autres concours très vite.

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