Consolider ses bases en français pour l’écrit et l’oral

Consolider ses bases en français pour l'écrit et l'oral

Que votre concours comporte ou non une épreuve de français, votre niveau sera évalué dans tous les cas à l’écrit et même à l’oral où, si vous pouvez cacher vos problèmes d’orthographe, vos erreurs de syntaxe (construction des phrases) ou de conjugaison en revanche s’entendent et peuvent irriter les oreilles de vos auditeurs. Voici l’occasion de faire le point sur les notions qui, dans les épreuves de français des concours de catégorie C, sont le plus souvent abordées et qui, quels que soient l’épreuve et le concours, révèlent le plus votre niveau écrit et oral.

Pour vous préparer à passer un concours de catégorie C, il faudra vous (re)plonger dans un dictionnaire et ressortir sa grammaire de collégien pour l’épreuve spécifique destinée à évaluer le niveau des candidats en orthographe, vocabulaire et grammaire.

S’ajoute une difficulté, la nécessité de maîtriser aussi le jargon utilisé dans les consignes, souvent pointée dans les rapports de jury comme celui-ci : « Dans l’épreuve de vocabulaire, orthographe et grammaire, il existait un fossé très important entre les candidats qui savaient lire et comprendre l’intitulé d’une question et les autres. » (Rapport paru suite au concours externe d’adjoints administratifs de 1ère classe de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, académie de Grenoble, session 2015.)

Vous êtes candidat d’un concours de catégorie A ou B ? Ce vocabulaire spécifique n’est pas utile, mais vous ne devez pas pour autant négliger les notions qu’il recouvre, en orthographe comme en vocabulaire et en syntaxe.

En témoigne cette remarque extraite d’un rapport de jury : « Le jury souhaite insister sur le fait qu’on ne saurait réaliser une réponse synthétique lisible et exploitable, si l’approximation, l’impropriété des termes, les constructions incorrectes, les phrases lourdes parfois bourrées de fautes ne sont pas systématiquement traquées par le candidat, notamment au moment de la relecture de la copie, dont trop de candidats se sont manifestement dispensés. » (Rapport du concours de SA SAENES, académie d’Aix-Marseille, session 2010.)

Voici donc une sélection des notions à réviser : elles ne peuvent évidemment pas être traitées ici de façon exhaustive mais ont pour objectif de vous rafraîchir la mémoire ou de vous aider à identifier les points que vous avez besoin d’approfondir.

VOCABULAIRE… DES QUESTIONS DE VOCABULAIRE

Pas de recette miracle : pour acquérir du vocabulaire, il faut se montrer curieux et ne rater aucune occasion d’apprendre le sens d’un mot. Alors faites une place à votre dictionnaire sur votre table de chevet et commencez par réviser le sens des mots des consignes afin de ne pas douter de la réponse à donner.

Les questions portent soit sur le sens des mots les uns par rapport aux autres, soit sur leur construction :

- Si vous devez chercher un synonyme de l’adjectif « heureux », répondez par un autre adjectif de même sens comme « joyeux » ; si c’est l’antonyme qu’il faut donner, proposez « malheureux » qui exprime le contraire.

- Les paronymes sont les mots qu’on peut confondre comme « effraction » et « infraction » : ils se ressemblent mais ont un sens différent.

- Autres mots qu’on peut confondre, les homonymes qui se prononcent de la même manière mais ont un sens différent : c’est le cas des mots « verre », « vert », « vers », « ver » et « vair ».

- Concernant la construction des mots, on peut vous demander, à partir du mot « visible » par exemple, d’en former un nouveau à l’aide d’un préfixe : ajoutez dans ce cas un élément avant (« invisible », « prévisible ») ; si c’est un suffixe qu’il faut, l’élément doit se greffer en finale du mot (« visiblement », « visibilité »).

ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ : LA RÈGLE DE BASE

ADVERBES EN -MENT : LA RECETTE

Parce qu’il peut s’écrire avec un ou deux « m » (« poliment », « méchamment ») et parce que le son « a » avant « –mment » peut s’écrire « a »… ou « e », l’adverbe en « –ment » plaît beaucoup aux concepteurs de sujets qui vous demanderont par exemple de trouver celui qui correspond à un mot donné comme « hardi ». Cruel ? Rien de plus simple pour qui connaît la recette :

  • Adjectif en –ent

    - adverbe en –emment : « violent -> violemment »
  • Adjectif en –ant

    - adverbe en –amment : « élégant -> élégamment »
  • Adjectif en –i ou –u

    - adverbe en –iment ou –ument : « hardi -> hardiment ; absolu -> absolument »
  • Tous les autres adjectifs

    - –ment ajouté à l’adjectif au féminin, avec ajout d’accent dans certains cas : « doux -> douce -> doucement » ; « profond -> profonde -> profondément » Exceptions : « gentiment » et non pas « gentillement », « brièvement » et non pas « brèvement »

« JE VIENDRAI » OU « JE VIENDRAIS » : AVEC OU SANS « S », IL FAUT CHOISIR

Vous hésitez toujours entre les deux ou vous écrivez toujours « je viendrais » parce qu’il vous semble bien qu’avec « je », le verbe se termine toujours par un « s » ? Vous confondez sans doute avec « tu »…

Ce « s » sert à distinguer le futur de l’indicatif et le conditionnel présent, et il témoigne ainsi non seulement de votre maîtrise de l’orthographe mais aussi de votre compréhension des nuances de sens qui les caractérisent.

Vous dites par exemple : « Je viendrai te voir à midi ». Pas de « s », parce que vous vous projetez dans un futur dont vous êtes sûr (et vous utilisez alors le futur simple de l’indicatif).

Mais vous dites, du moins vous écrivez : « Je viendrais bien demain », avec le « s » du conditionnel présent parce que le fait comporte des conditions, des incertitudes ou des empêchements plus ou moins indépendants de votre volonté (« si tu m’invitais », « mais je n’ai pas de voiture »).

Mais attention, il existe un autre cas où on doit employer le conditionnel présent : rendez-vous ci-dessous pour le découvrir.

QUESTION DE STYLE… DIRECT OU INDIRECT

Chaque fois que nous rapportons les paroles de quelqu’un, nous utilisons le style (ou discours) direct ou indirect. Le plus simple est d’utiliser le style direct puisqu’il suffit de restituer les paroles telles qu’elles ont été prononcées alors que le style indirect exige quelques modifications qu’il peut être bon de rappeler : en effet on l’utilise souvent à l’oral et la question « Transformez la phrase suivante au style / discours indirect. » revient souvent aux écrits des concours.

Ce tableau récapitule les éléments à modifier : tous peuvent changer, sauf le premier.

Bien sûr, vous n’avez pas manqué de remarquer le beau conditionnel présent dans la phrase au style indirect : « je viendrais » avec un « s ». Peut-être même avez-vous pensé qu’il y avait une erreur et qu’il fallait conjuguer ce verbe au futur simple de l’indicatif comme « viendras-tu » dans la phrase au style direct ?

C’est vrai que l’action qu’exprime « je viendrais » se situe dans l’avenir, mais ce verbe dépend du verbe « il m’a demandé » qui est au passé : c’est bien le conditionnel présent qu’on doit utiliser alors, qu’on appelle aussi dans ce cas le « futur dans le passé ».

Pour mettre en évidence la différence, remplacez « je » par « vous ». La phrase devient alors : « Il m’avait demandé si vous viendriez le lendemain. », et non : « Il m’avait demandé si vous viendrez le lendemain. »

ANTÉRIORITÉ, SIMULTANÉITÉ OU POSTÉRIORITÉ ?

Ces mots sont employés pour situer dans le temps l’un par rapport à l’autre deux verbes employés dans une même phrase. On peut vous demander si le verbe employé dans la proposition subordonnée exprime une action antérieure (qui se déroule avant), postérieure (qui se déroule après) ou simultanée (qui se déroule en même temps) à l’action du verbe de la proposition principale.

Exemples : 1- Il est arrivé juste avant que la porte ne se ferme. -> postériorité 2- Dès qu’ils entrent dans la salle d’examen, les étudiants se taisent. -> simultanéité 3- Elle se détendra quand elle aura passé son examen. -> antériorité

Pour vous aider, vous pouvez tracer une ligne du temps sur laquelle vous situez les actions :

ACTIVE OU PASSIVE : TROUVER LA BONNE VOIX

Quelle(s) différence(s) entre les phrases « Pierre a encouragé Marie » et « Marie a été encouragée par Pierre » ? Le sens est strictement le même, le temps des verbes aussi : tous deux sont au passé composé de l’indicatif mais l’un est à la voix active, l’autre à la voix passive.

Au concours, on vous demande souvent de passer de l’une à l’autre. Il suffit d’appliquer cette formule :

UN PEU DE LOGIQUE

En complément des mathématiques, le français permet de vérifier votre sens de la logique, votre niveau de compréhension et de maîtrise d’un raisonnement et de la langue par votre capacité à lier des faits entre eux ou à les analyser dans des phrases complexes.

C’est la notion de « lien logique » qui entre alors en jeu, voici ce qu’elle recouvre :

- On vous demande d’identifier un lien logique ? Répondez cause, conséquence, but, opposition, concession.

- On vous demande de compléter des phrases de façon à exprimer un lien logique ? Utilisez les mots de ce tableau (non exhaustif), classés en conjonctions de coordination et de subordination car les questions exigent souvent les unes ou les autres exclusivement.

POUR FINIR, INVERSONS LES RÔLES !

À vous de corriger la coquille qui s’est glissée dans cette question du concours commun de recrutement d’adjoints administratifs de 1re classe (académie de Grenoble, session 2012) :

« Entourer les pronoms et relier-les à la bonne réponse. »

Réponse :
« Entourer les pronoms et les relier… » ou « Entourez les pronoms et reliez-les… »


D’autres conseils pour améliorer votre français à l’écrit et à l’oral :

- Comment éradiquer de vos copies les 10 pires fautes d’orthographe

- 10 fautes de français que les jurys ne vous pardonneront pas

- Pourquoi et comment soigner son français à l’écrit comme à l’oral : quel niveau viser et comment progresser ?


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