Entretien avec le jury : reprendre la main quand ça dérape !

Entretien avec le jury : reprendre la main quand ça dérape !

Il n’est pas rare que soudain, en cours d’épreuve, un candidat soit si troublé qu’il ne semble plus comprendre les questions du jury et perde totalement pied, alors même que, jusqu’alors, tout se passait plutôt bien. Voici de précieux conseils pour reprendre la main et finir par une bonne impression, extraits du livre « Entretien avec le jury » publié chez Vuibert.

Entretien avec le jury, d’Olivier Bellégo – Editions Vuibert – Collection admis / L’essentiel en fiches – 128 pages – Mars 2012 – ISBN 978-2-311-00818-0

Lors d’un oral de concours, les causes d’un trouble soudain peuvent être très diverses :
- vous prenez soudain conscience de l’importance de l’enjeu, et cette prise de conscience accroît votre stress ;
- vous jugez, peut-être à tort, que la réponse que vous venez d’apporter n’est absolument pas celle qui était attendue ;
- vous avez conscience d’une contradiction flagrante entre ce que venez de dire et ce que vous disiez plus tôt ;
- vous appréhendez le temps de l’entretien qui s’ouvre devant vous, par exemple celui consacré à des questions institutionnelles que vous pensez mal maîtriser.

Les 10 conseils qui suivent visent à vous permettre de dépasser ces difficultés.

- D’abord, pensez à respirer. Pas de trop longues apnées ! Il est fréquent que les candidats respirent mal, que l’angoisse de la compréhension des questions posées et de la bonne réponse les enferme dans une respiration haletante et les empêche de reprendre leur souffle. Lorsque le stress vous envahit, expirez longuement, avalez votre salive, respirez… et répondez.

- Des silences sont autorisés. Si une question vous paraît complexe, vous avez le droit de prendre le temps de la réflexion. Vous pouvez y consacrer quelques secondes avant de vous risquer à une réponse. Ce bref silence est de loin préférable à une précipitation qui vous expose à une réponse incohérente.

- Vous n’êtes pas le meilleur juge de la qualité de votre prestation. Il arrive assez fréquemment que vous pensiez que l’entretien se passe mal, alors même que le jury a, lui, le sentiment que l’épreuve se déroule de bonne façon. C’est si vrai que parfois, à l’inverse, alors que vous pensez avoir livré une prestation très satisfaisante, la note obtenue est loin d’être à la hauteur de vos attentes.

- Sachez que les membres du jury se fixent généralement pour règle – ou se voient fixer pour règle par les autorités organisatrices – d’adopter une attitude empathique à l’égard de tous les candidats, quel que soit le niveau de leur prestation. L’avantage est que vous ne devriez jamais vous sentir infantilisé par le jury ; l’inconvénient est que, si le jury ne prend pas le soin de vous montrer que vos réponses ne le satisfont pas, par des mimiques interrogatives ou dubitatives, par une insistance sur certaines questions (« Pensez-vous vraiment que… ? » ou « Êtes-vous vraiment certain de ce que vous venez de dire ? »), vous risquez de ne pas être pleinement conscient de ce qui se joue réellement.

- Vous n’êtes pas une victime, les membres du jury ne sont pas vos bourreaux. Vous n’êtes ni celui qui sait tout, ni celui qui ne sait rien. Les membres du jury ne sont ni ceux qui savent tout, ni ceux qui ne savent rien.

- Vous avez le droit de ne pas tout savoir, et vous pouvez dire que vous ne savez pas. Mieux vaut d’ailleurs souvent avouer son ignorance que faire semblant de savoir. Vous pouvez aussi approcher une réponse que vous ne trouvez par en vous plaçant sur un terrain voisin (exemple  : « je ne saurais pas répondre à votre demande de chiffrage, mais j’ai en tête un autre chiffre qui donne des indications intéressantes… »).

- Lorsque vous êtes absolument sûr d’une réponse et lorsque le jury semble douter de la véracité de cette réponse, n’hésitez pas à argumenter pour convaincre.

- Sachez reconnaître une erreur, mais sachez également ne pas « lâcher » trop vite. Vous pouvez très bien dire, par exemple : « Oui, effectivement, j’ai fait erreur en affirmant que… Toutefois, ce que je voulais souligner tout à l’heure, c’était que… ».

- Donnez de la cohérence à l’ensemble de votre propos. Il ne vous est nullement interdit, si vous constatez un risque de contradiction entre certains de vos propos, de le souligner vous-même : « À la réflexion, ce que je suis en train de vous dire m’amène à nuancer la réponse que je vous faisais tout à l’heure » ou « Finalement, le problème n’est pas tant, comme je le disais tout à l’heure un peu rapidement, de…, mais bien plutôt de… ».

- Ne recherchez pas la perfection du langage. Un registre relâché est évidemment prohibé, mais, s’agissant d’une épreuve orale, une syntaxe un peu heurtée, quelques phrases inachevées parce que vous modifiez en cours de route la construction de votre réponse, ne posent aucun problème. À vouloir constamment construire des phrases parfaites, vous risqueriez de vous épuiser… et de lasser le jury qui pourrait être tenté de vous interrompre pour vous contraindre à davantage de spontanéité. Si vous n’en abusez pas, celle-ci est bienvenue, et l’humour lui-même, pratiqué avec discernement, est possible, même si vous n’êtes pas, un jour d’épreuve, dans les meilleures conditions pour vous y essayer.

Toutefois, les tics de langage (« effectivement », « naturellement », « en fait », « bien évidemment  »…) sont à prohiber, d’autant qu’ils parasitent parfois votre discours en laissant entendre autre chose que ce que vous croyez dire : – « naturellement », « bien évidemment » attirent l’attention sur le fait que ce que vous affirmez est loin d’aller de soi et peut requérir pour convaincre un argumentaire que vous ne maîtrisez pas ; – « effectivement » peut mettre le jury sur la piste des objections non dites qui sous-tendent vos « effectivement ».

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Si possible, préparez-vous à plusieurs avant le concours ou l’examen, et enregistrez-vous afin de repérer tant vos tics de langage que les formules d’hésitation (« ben », « heu »…) qui pourraient peser sur l’évaluation de votre prestation.

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