Pourquoi et comment soigner son français à l’écrit comme à l’oral

Les 20 fautes à éviter à l’écrit et à l’oral

Pourquoi et comment soigner son français à l'écrit comme à l'oral

Pour un candidat aux concours de la Fonction publique, maîtriser le français est indispensable, à l’écrit comme à l’oral. Qu’attendent les jurys ? Comment progresser ? Voici nos conseils pour aborder plus sereinement votre concours.

Les français ont une relation passionnelle avec leur langue : s’ils en apprécient la richesse et la beauté, ils en déplorent parfois la complexité, maudissant ses fameuses « exceptions qui confirment la règle ».

Certes, les incohérences orthographiques les plus flagrantes ont été rectifiées par la réforme de 1990 mais elles restent proposées et non imposées, et surtout peu connues du grand public.

Plusieurs attitudes se distinguent alors : pour certains, chercher la bonne orthographe en toutes circonstances un jeu auquel ils s’adonnent avec plaisir, d’autres se contentent de maîtriser les bases sans complexe tandis que beaucoup gardent des souvenirs amers de notes négatives en dictée et angoissent à la perspective d’écrire… et d’être lus.

Ces difficultés deviennent alors handicapantes dans la vie personnelle comme professionnelle car, outre le fait qu’elles entrainent fatalement une communication défaillante, elles décrédibilisent à la fois le contenu du propos et son auteur.

L’importance d’un bon français se retrouve dans les concours : loin d’être un simple moyen de sélection, il est un critère indispensable dans la mesure où il s’agit de recruter des professionnels dont dépendra l’image du service public et qui auront à utiliser quotidiennement l’écrit comme l’oral avec ses usagers.

Ajoutons qu’entre collègues ou avec son supérieur hiérarchique, l’e-mail est désormais le moyen de communication le plus répandu, facteur de stress important pour celui qui n’est pas sûr de ses bases en orthographe.

Quel niveau viser ?

Dans la plupart des concours de catégorie C, le niveau en orthographe, en grammaire et en vocabulaire des candidats est clairement présenté comme un critère de sélection puisqu’il est évalué à travers un QCM. 

Voici quelques exemples de questions posées aux candidats au concours commun 2014 des agents des ministères financiers (Direction générale des finances publiques, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et Direction générale des douanes et droits indirects) :

  • Compléter la phrase suivante : “Les dossiers qu’elle a .. . passer”.
    A : vu
    B : vue
    C : vus
    D : vut
  • Quel est le mode verbal utilisé après la conjonction “ afin que ” ?
    A : Conditionnel
    B : Impératif
    C : Indicatif
    D : Subjonctif
  • Parmi les propositions suivantes, laquelle est correctement orthographiée ?
    A : Des laisser-passer
    B : Des laissés-passer
    C : Des laissez-passer
    D : Des laissez-passez

Réponses : 1-C, 2-D, 3-C

Parfois, c’est une dictée qui, associée à des problèmes de mathématiques, permet une pré-sélection des candidats lors d’une épreuve de pré-admissibilité, dans le cas du concours de sapeur-pompier de 1e classe par exemple.

Les concours de catégorie A et B, eux, ne comprennent en général pas d’épreuve spécifique de français (sauf certains concours de catégorie B comme celui de contrôleur des douanes qui évalue la culture générale, dont le français, dans une épreuve de pré-admissibilité) mais les connaissances des candidats dans ces domaines font partie des critères de notation des épreuves rédigées : une syntaxe correcte et une bonne orthographe feront donc la différence.

Ainsi, un rapport de jury du concours de SAENES (Nantes, 2010) précise : « Il est clair qu’un SAENES se doit de posséder un minimum de qualités rédactionnelles et, la maîtrise de l’orthographe étant un incontournable, elle justifie des points en moins au-delà d’une certaine limite. »

De même, l’oral est le moment ou jamais pour soigner son expression : il s’agit de faire preuve de professionnalisme en adoptant un niveau de langue très correct et un vocabulaire précis malgré la part d’improvisation inévitable.

N’oubliez pas que, quel que soit le niveau du concours, vous vous présentez comme de futurs agents de l’État et que votre image reflète pour les usagers celle du service public.

Néanmoins, l’exigence est plus particulièrement élevée dans certains concours comme ceux de l’enseignement, l’expression du professeur étant à la fois un outil de la relation pédagogique et un moyen pour les élèves de s’imprégner d’un français correct.

Comment progresser ?

Évidemment, à moins de n’avoir que quelques lacunes, mieux vaut s’y atteler plusieurs semaines voire plusieurs mois avant le concours. En effet le sujet est vaste et demande un entrainement régulier.

  • Faire preuve de curiosité

Vous côtoyez votre langue en permanence mais la routine vous a éloignés l’un de l’autre : il vous suffit dans un premier temps de faire l’effort de mieux la connaître en la regardant davantage, en lui accordant une réelle attention et en lui posant les bonnes questions.

Ainsi, au quotidien, ne ratez aucune occasion pour en savoir plus : vous partez en balade alors que vous êtes censé travailler votre français ? Vérifiez le nombre de « l » dans « balade » et les différences d’emploi des mots « censé » et « sensé ». Vous n’osez pas parler des « bonnes résolutions que vous avez pris » de peur de ne pas accorder correctement le participe passé ? Relisez la règle et vous saurez que c’est « prises » qu’il faut dire dans ce cas.

La réponse est à portée de main où que vous soyez : si ce n’est pas dans un bon vieux dictionnaire ou une grammaire d’écolier, ce sera sur un site internet ou une application mobile.

Cette étape ne concerne en fait qu’une catégorie de personnes : ceux qui sont en mesure de se poser des questions sur l’orthographe. Ceux qui se sentent dépassés par leurs difficultés, ceux qui ne voient pas quelles questions poser et ceux qui croient ne pas faire de fautes d’orthographe peuvent commencer directement par l’étape suivante.

  • Évaluer ses besoins

Qu’ils figurent ou non au programme de votre concours, utilisez les QCM. Dans un premier temps, faites-en quelques-uns, procédez à la correction et observez vos erreurs récurrentes : relèvent-elles davantage de l’orthographe lexicale ou grammaticale ? De la conjugaison ou de la sémantique ?

Une fois que vous les avez identifiées, reportez-vous aux règles qui correspondent, consultez les ouvrages de référence ou les nombreux sites internet dédiés.

  • S’entraîner

Il ne suffit pas d’avoir lu une règle pour savoir l’appliquer dans différents contextes ni d’avoir vérifié une fois l’orthographe d’un mot ou la conjugaison d’un verbe pour les avoir mémorisées.

C’est pourquoi il est nécessaire de s’entrainer à travers des QCM, des exercices ou des dictées (de nombreux sites en proposent des enregistrements) mais aussi dès que l’occasion d’écrire se présente.

Qui appeler au secours ?

Si identifier vous-même vos lacunes et y remédier seul vous semble difficile, vous pouvez vous en remettre à un service en ligne pour vous aider.

  • Le Projet Voltaire, un service en ligne de remise à niveau personnalisée en orthographe (www.projet-voltaire.fr)

Utilisé par des particuliers, des écoles et des entreprises, le Projet Voltaire propose un programme de remise à niveau ciblé sur vos lacunes, à installer sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

Le Projet Voltaire s’attache aux erreurs préjudiciables et courantes dans les communications professionnelles, principalement grammaticales. Ainsi, les difficultés lexicales, très bien gérées par les correcteurs orthographiques automatiques, ne sont pas le centre d’intérêt du Projet Voltaire, si ce n’est sur quelques mots simples occasionnant des erreurs récurrentes (parmi, acompte…).

Trois catégories existent selon que vous souhaitez « revoir les fondamentaux », « maîtriser les bases » ou « viser l’excellence », elles-mêmes divisées en différentes versions dont l’« Express » est gratuite, les autres facturées de 7,90 à 49,90 euros pour un accès illimité pendant un an.

D’après les statistiques du site, en moyenne, une utilisation de dix heures est requise pour atteindre un niveau très correct. Les plus motivés pourront ensuite passer le Certificat Voltaire, examen en salle qui délivre un certificat de niveau en orthographe accompagné d’un score qui, de plus en plus connu et reconnu, peut être affiché sur un CV.

La méthode d’Orthodidacte propose un test de positionnement en ligne suivi d’un parcours personnalisé ciblant vos difficultés. Les formes d’apprentissage se veulent variées et ludiques, alternant exercices, cours et vidéos explicatives. Des examens permettent de suivre vos progrès tout au long de l’apprentissage.

Parmi les offres au choix, l’une est destinée aux candidats des concours de la Fonction publique : outre la révision de toutes les notions orthographiques, grammaticales et d’expression écrite nécessaires pour les épreuves écrites, elle inclut un module de vocabulaire de la Fonction publique (droit, administration, …).

Il faut compter 55 euros pour la version « Essentiel » conçue pour les concours de catégorie B et C, 75 euros pour la version « Perfectionnement » adaptée aux concours de catégorie A et B.

Conclusion

Il est probable que, même après tous ces efforts, vous ne soyez pas forcément sacré champion de l’orthographe à la dictée de Pivot (disparue mais remplacée depuis quelques années par le concours de Timbrés de l’orthographe), mais rassurez-vous : vos examinateurs ne le sont sûrement pas non plus et vous pardonneront quelques imperfections.