Que se passe-t-il après la réussite au concours ?

Que se passe-t-il après la réussite au concours ?

Vous avez préparé et réussi votre concours. Bravo ! Et maintenant, que va-t-il se passer ? Nomination, stage, titularisation… Votre parcours d’intégration ne fait que commencer. Voici comment.

La nomination

Si, dans la fonction publique d’État, la réussite au concours assure un poste ou une formation spécifique, dans la fonction publique territoriale, elle vous permet l’inscription pendant deux ans sur une liste d’aptitude, mais c’est à vous de faire vos démarches de recherche d’emploi.

Dans la fonction publique hospitalière, les nominations sont prononcées dans l’ordre d’inscription sur la liste principale puis dans l’ordre d’inscription sur la liste complémentaire. Et, quand les concours concernent plusieurs établissements hospitaliers, le lauréat est affecté selon ses préférences et selon l’ordre de mérite.

Si un candidat inscrit sur la liste principale refuse une affectation correspondant à son rang de classement, il perd le bénéfice du concours.

Le stage

Une fois recruté, le fonctionnaire est tout d’abord stagiaire. L’occasion pour lui de se former et d’apprendre à se repérer dans les rouages de l’administration, tout en étant rémunéré.

Il y a deux types de stages possibles pour le lauréat d’un concours : une période probatoire ou une formation au sein d’une école administrative.

La durée du stage peut varier : de 6 mois à 2 ans. Mais la période le plus souvent constatée est de 1 an.

La période probatoire

Il s’agit d’une formation d’adaptation à l’emploi public choisi. Le lauréat est fonctionnaire stagiaire. Il est affecté à un emploi correspondant au corps ou au cadre d’emplois auquel il souhaitait prétendre. Il occupe alors, normalement, un poste.

Il exerce déjà sa future fonction. Mais il n’est pas encore titularisé. Durant le stage, le chef de service ou l’autorité territoriale vérifie les capacités du stagiaire à occuper les fonctions correspondant au grade dans lequel a lieu sa nomination. Ce stage est en fait destiné à évaluer les aptitudes de l’agent à occuper le poste.

La formation dans une école administrative

Certains statuts particuliers imposent une formation préalable avant la titularisation. Elle suit immédiatement le recrutement et allie souvent la théorie à la pratique du terrain.

C’est le cas pour de nombreux métiers : enseignant, inspecteur du travail, commissaire de police, inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière, conseiller d’insertion et de probation… Il existe une cinquantaine d’écoles préparant les lauréats des concours de catégories A et B à leur futur métier.

Durant leur formation, les élèves fonctionnaires sont rémunérés sur la base du premier échelon du corps dans lequel ils ont vocation à être titularisés. En contrepartie de cette formation, les étudiants peuvent être amenés à souscrire un engagement à servir l’État pendant un certain nombre d’années, sinon ils devront la rembourser.

La formation correspond à une période d’essai. Si le stagiaire a convaincu son chef de service, il est titularisé. La titularisation est alors rétroactive : la durée du stage est prise en compte pour les droits à l’avancement et à la retraite.

En cas d’insuffisance professionnelle ou de faute disciplinaire, et après consultation d’une commission administrative paritaire (des représentants de personnels et de l’administration), le chef de service ou l’autorité territoriale peut décider de ne pas prolonger le stage.

L’agent est alors licencié et peut prétendre à des indemnités chômage. L’agent peut, de son côté, renoncer à ses fonctions en cours de stage et démissionner. Mais il perd le bénéfice de son concours.

La titularisation

Si la titularisation n’est pas automatique, l’issue du stage est presque toujours la titularisation dans le grade. La titularisation confère un titre permanent dans un grade donné à un agent, lui donnant vocation à occuper un emploi.

Elle est prononcée par l’autorité investie du pouvoir de nomination, après avis de la commission administrative paritaire du corps. Elle ouvre aussi le droit à une carrière et aux garanties prévues dans le statut de la Fonction publique : droit de réintégration en cas de cessation d’activité, de reclassement en cas d’inaptitude physique, droit de mobilité…

Dès qu’il est titularisé, l’agent devient fonctionnaire. Il intègre alors un corps ou un cadre d’emplois. Cette titularisation est irrévocable. Un refus d’affectation est considéré comme une démission. Le lauréat perd le bénéfice de son concours.

La liste d’aptitude : une spécificité de la fonction publique territoriale

Lorsque vous réussissez un concours de la fonction publique territoriale, vous ne serez pas automatiquement recruté, mais inscrit sur une liste d’aptitude. C’est ensuite à vous de chercher votre emploi en consultant les annonces diffusées par les collectivités locales et en postulant avec CV et lettre de motivation, comme dans le privé.

Stagiaires : les mêmes droits que les titulaires !

Le stagiaire bénéficie des mêmes droits que les titulaires : congés payés, arrêts maladie ou de longue durée, congé de maternité, d’adoption… Un stagiaire de la Fonction publique ne peut pas obtenir une mise en disponibilité, un détachement ou une mutation.

Dans la fonction publique territoriale, la mobilité d’un agent stagiaire n’est possible que lorsque l’autorité territoriale met fin au stage en raison de la suppression de l’emploi ou pour toute autre cause indépendante des compétences de l’agent. Celui-ci peut alors demander une réinscription sur la liste d’aptitude.

Témoignage : Nadia B., Chargée de mission au ministère du Travail

« La réussite au concours était pour moi un aboutissement parce qu’entrer dans la Fonction publique, au ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social était exactement ce que je voulais faire. »

Nadia B., chargée de mission au sein de la mission « Insertion professionnelle des jeunes » a passé et réussi le concours de secrétaire administratif (cat. B) en 2010.

« Je pensais être moins autonome, travailler en binôme comme certains des stagiaires qui avaient passé le concours en même temps que moi. Mais dès mon entrée en fonction, j’ai eu des responsabilités. C’était stressant pour moi, car je redoutais de ne pas bien faire, de ne pas appliquer la bonne procédure… Mais c’est aussi un bon moyen d’apprendre. »

Et la titularisation ? « Ma chef de mission m’a simplement prévenue qu’elle demandait ma titularisation. J’avais eu un arrêt maladie de 3 mois et demi, je pensais donc que ma période de stage serait prorogée. Cela n’a pas été le cas. Pour moi, c’était une reconnaissance du travail accompli. Il ne faut pas passer un concours par opportunisme, car une fois en poste, il faut assumer pleinement ses responsabilités. En cela, l’année de stage est primordiale, car elle nous fournit l’occasion de confirmer notre choix, d’envisager l’avenir, de changer de poste, si on le souhaite. »