Recrutement au ministère de l’Intérieur : préserver la proximité

Recrutement au ministère de l'Intérieur : préserver la proximité

Entretien avec Christophe Carol, chef du bureau du recrutement et de la promotion professionnelle au ministère de l’Intérieur.

Le ministère de l’Intérieur présente une grande diversité de métiers et une multiplicité des points d’implantation. C’est une sorte de « maison de l’Intérieur » avec les préfectures, les sous-préfectures, les commissariats, les brigades de gendarmerie, les services départementaux et régionaux, etc.

Le maillage territorial est très dense. Les services de l’Intérieur sont donc des services de proximité. C’est un atout pour le recrutement. Préserver la proximité est essentiel. Il en va du bien-être des collaborateurs et donc de leur efficacité, mais aussi de notre capacité à pourvoir les postes vacants.

Il convient de différencier les corps de métier. La capacité d’éloignement du candidat et sa mobilité dépendent du niveau de rémunération. Un agent de catégorie C sera moins mobile qu’un attaché. Il est plus facile de déménager, d’envisager des déplacements avec un salaire plus élevé.

Comme la mobilité des catégories C est plus limitée, la proximité est préservée dès l’organisation des concours avec les centres d’examen. Par exemple si nous organisons un concours uniquement à Strasbourg, on perd tous les candidats des départements éloignés qui auront des réticences à venir à Strasbourg. Nous décentralisons donc au plan régional les centres d’examen dans les départements.

Nous préservons la proximité des centres d’examen un peu partout en France pour inciter les candidats à passer la première étape d’admissibilité. Pour les recrutements de catégorie C, c’est l’assurance de conserver la maîtrise du bassin de recrutement.

À l’issue du concours, les lauréats ont une liste de postes à pourvoir dans la région d’organisation si le concours est régional. Le mieux classé indique son choix en premier, puis le second, le troisième et ainsi de suite. Mais nous avons peu de désistements en raison de l’éloignement. Souvent les personnes prennent leur mal en patience pendant quelques années en attendant une mutation.

La contrainte familiale est réellement prise en compte et suivie de près au cas par cas. Cet aspect géographique est complètement intégré dans le processus de recrutement et on cherche à éviter l’éloignement. L’agent ne doit pas avoir à faire le choix entre promotion professionnelle et maintien dans le lieu de résidence. Certains ministères de petite taille ou n’ayant pas un maillage du territoire aussi dense que le nôtre ont plus de difficultés.

Actuellement, nous avons besoin d’ingénieurs informaticiens pour l’ensemble des services. Nous cherchons aussi des personnels de toutes catégories dans la filière technique, en particulier les métiers de l’immobilier, du renforcement de la sécurité des bâtiments, la maintenance, l’aménagement, la conduite de travaux, la coordination, le suivi de budget.

Le grand public a une bonne visibilité des métiers « police », mais lorsque l’on est ingénieur informaticien, plombier, logisticien, on ne pense pas au ministère de l’Intérieur.