Retraite des fonctionnaires, les nouvelles règles

Retraite des fonctionnaires, les nouvelles règles

Comment les fonctionnaires sont-ils touchés par la réforme des retraites, adoptée fin 2010 ?

CE QUI CHANGE

Le relèvement de l’âge de la retraite

L’âge légal de départ à la retraite, ou âge d’ouverture des droits, est aujourd’hui fixé à 60 ans pour la très grande majorité des fonctionnaires et des ouvriers de l’État. Cet âge sera porté à 62 ans en 2018, selon les mêmes modalités que pour les salariés du secteur privé.

Les catégories actives sont également concernées par ce relèvement de deux ans. Cette augmentation sera progressive : l’âge augmentera selon l’année de naissance au rythme de 4 mois par an.

La convergence des taux de cotisation

Le taux de cotisation salariale acquitté par les fonctionnaires sera aligné progressivement sur celui du secteur privé. Il sera donc porté de 7,85% à 10,55%.

Ce taux correspond à la somme des cotisations salariales en vigueur dans le secteur privé (régime général et régimes complémentaires AGIRC-ARCCO).

L’alignement du taux de cotisation s’effectuera en 10 ans sans changement de l’assiette de cotisation, à raison d’une augmentation de 0,27 point par an à compter de 2011.

Selon le Gouvernement, l’augmentation des cotisations coûtera seulement six euros par mois tous les ans et pendant dix ans.

Le départ anticipé

Les parents de 3 enfants et ayant au moins 15 ans de service au 1er janvier 2012 conserveront la possibilité d’un départ anticipé. Ils se verront appliquer, comme tous les Français, les règles générales de calcul de la retraite, c’est-à-dire celles de leur année de naissance et non plus celles de l’année à laquelle ils ont atteint la condition des 15 ans de service et 3 enfants.

Les règles de calcul antérieures continueront également à s’appliquer pour les fonctionnaires à moins de 5 ans de l’âge d’ouverture des droits à la retraite - droit applicable avant l’entrée en vigueur de la loi (55 ans pour les fonctionnaires sédentaires par exemple).

La condition de fidélité

La durée minimale de services effectifs nécessaire pour qu’un fonctionnaire puisse bénéficier d’une retraite fonction publique (aujourd’hui de 15 années) sera réduite à deux années.

Les services auxiliaires déjà validés ne sont pas remis en cause. Les fonctionnaires dont la titularisation interviendra avant le 1er janvier 2013 pourront demander à valider ces services dans les deux années suivant leur titularisation.

Ainsi, la validation au titre du régime de retraites des fonctionnaires des périodes effectuées avant la titularisation, en qualité d’agent non-titulaire, sera fermée à compter de 2015.

CE QUI NE CHANGE PAS

La possibilité de départ anticipé des catégories actives

Le code des pensions civiles et militaires de retraite prévoit que les fonctionnaires dont les emplois sont classés en catégorie active (emplois soumis à un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles) peuvent être admis à la retraite avant 60 ans.

Si les âges d’ouverture des droits à retraite et les durées de services sont relevés dans les mêmes conditions que pour les autres fonctionnaires (2 ans à raison de 4 mois par an), le principe d’un départ anticipé des fonctionnaires occupant ces emplois est maintenu.

La règle des 6 derniers mois

Le mode de calcul de la retraite du secteur public reste basé sur les six derniers mois, contrairement au secteur privé qui prend en compte les 25 meilleures années.

Les règles de liquidation des pensions des fonctionnaires et des militaires ne sont donc pas modifiées. Le montant de la pension est calculé à partir de l’indice correspondant à l’emploi, grade, classe et échelon effectivement détenus depuis au moins six mois au moment de la cessation d’activité multiplié par un pourcentage de pension (fonction du nombre de trimestres acquis), soit 75% pour une carrière complète.

Les bonifications

Sous certaines conditions, les fonctionnaires et les militaires peuvent bénéficier de bonifications de leur durée d’assurance qui viennent s’ajouter à leur durée de services effectifs.

C’est le cas par exemple de :
- la bonification dite du cinquième qui permet d’acquérir une année de bonification pour cinq années de services dont bénéficient certains corps classés en catégorie active (sapeurs-pompiers, douaniers, policiers, surveillants pénitentiaires…) ainsi que les militaires ;
- la bonification pour les services civils rendus hors d’Europe et en Outre-mer.

La pension de réversion

Les règles d’attribution demeurent inchangées pour les veuves ou veufs de fonctionnaires qui se voient attribuer, sans conditions de ressources et d’âge, une pension de réversion correspondant à 50 % de la retraite de droit propre du défunt.