Réussir les concours : 10 conseils pour se préparer aux épreuves orales

Réussir les concours : 10 conseils pour se préparer aux épreuves orales

Laurent Boghossian, formateur, membre de jury, vous livre ses conseils.

La bonne attitude, lorsqu’il s’agit de se préparer, c’est d’anticiper et ne pas subir. La pire des choses à faire, en tant que candidat, c’est d’attendre de tirer un sujet pour savoir ce que l’on a à dire ou à faire.

Certes, l’improvisation et les situations non prévues sont aussi de mise lors de ce genre d’entretien, mais ne baser sa prestation que sur ce genre d’attitude ne permettra pas au candidat de faire la différence. Voici mes 10 conseils clés.

1- Savoir exactement ce que l’on attend du grade que l’on vise

Si vous passez un concours d’ingénieur, le jury doit voir face à lui un ingénieur dans son attitude et ses réponses. S’il ne le voit pas, il n’y a aucune raison qu’il gratifie le candidat d’une note validant le concours. Le candidat doit donc se projeter dans le futur et ne pas simplement aller passer un examen scolaire.

Le fait de prendre pied dans son futur grade est déterminant pour faire une bonne impression au jury et lui donner envie de miser sur vous en tant que futur fonctionnaire.

2- Connaître son parcours de manière simple sans réciter

Lors d’un oral de concours, il est souvent question de présenter son parcours et ses motivations. En tant que jury, il n’y a rien de pire que d’entendre un parcours professionnel récité comme une poésie de cours élémentaire.

La présentation personnelle est l’occasion de mettre en avant les forces et choix du candidat. A vouloir l’apprendre par coeur, le candidat neutralise son discours. Ainsi, être au clair avec soi-même, présenter des expériences professionnelles chargées de sens en expliquant les raisons qui l’ ont poussé à passer d’un poste à un autre, permettra au candidat d’être perçu comme un adulte responsable qui sait exactement pourquoi il est là.

3- Etre participant et engagé

Les candidats doivent se livrer et donner tout ce qu’ils ont en eux. Si vous vous cachez derrière une réponse scolaire en attendant que sonne le gong de fin d’entretien, le jury le sentira et reviendra vers vous pour en savoir plus. Vous aurez alors le sentiment d’être « charcuté ».

En revanche, si vous prenez les devants, que vous montrez votre intérêt pour la question et que vous essayez d’apporter une réponse construite, réfléchie et qui apporte de vrais éléments de réponse, le jury vous laissera vous exprimer sans essayer de vous coincer.

4- Ne pas viser la note, viser la conviction

L’entretien n’a pas été créé pour distribuer des notes ou des bons points. La note est un moyen pour départager des candidats. Le vrai objectif, c’est démontrer combien on mérite ce concours et combien l’on sera un professionnel lorsque le concours aura été réussi.

5- Ne pas faire le tri en fonction de ce qui vous arrange

Les candidats ne doivent pas faire l’impasse de pans entiers de leur programme sous prétexte que, au quotidien, ils n’exercent pas dans ces domaines qu’ils méconnaissent.

Par exemple, un responsable bureautique manipulant quotidiennement des PC ou des imprimantes rechignera à s’intéresser aux systèmes d’information de manière plus large : réseaux, serveurs, bases de données, web 2.0, etc.

C’est une erreur, car dans le cadre de son concours, le jury cherchera à évaluer s’il présente les caractéristiques d’un ingénieur en système d’information. Ainsi, il faut apprendre à ne pas faire le tri et accepter tous les aspects du concours et du métier que l’on souhaite exercer.

6- Révéler qui vous êtes

Dans la majorité des cas, les jurys ne sont pas des professeurs mais des agents de la fonction publique qui sont là pour en recruter d’autres. « Cette personne qui est face à moi, est-elle fiable et compétente ? » Voilà ce à quoi pense un jury, et non pas « Ce candidat a mal répondu à la question 3B ? Je lui enlèverai 0,65 point ».

Autrement dit, pour être évalué, vous devez révéler qui vous êtes, comment vous travaillez, quelle est votre vision des choses sur les aspects les plus pointus de votre métier.

7- Ne pas interpréter les attitudes du jury

Que se cache-t-il derrière le côté froid et impassible d’un jury ? Ce que l’on trouve derrière cette attitude, c’est du respect pour le candidat et la volonté de ne pas le déstabiliser.

Il y a aussi la volonté pour le jury d’être concentré sur les propos du candidat, de les intégrer afin de l’évaluer justement. Soyons clair : un membre de jury verra dans sa journée 10 à 12 candidats pendant 30 minutes en moyenne. Il aura des moments de fatigue, parfois il posera des questions et parfois il sera plus en retrait.

Mais, dans tous les cas, il ne cessera jamais d’écouter car il est primordial pour lui de rester concentré. Certes, il est facile, en tant que candidat, de se laisser intimider ou déstabiliser par une feuille que le jury va déplacer ou par un soupir un peu trop appuyé, mais il faut prendre cela pour ce que c’est : les manifestations humaines d’une personne qui est assise dans cette salle d’examen dix heures par jour. Rien de plus.

8- Le jury est souverain

Le jury peut s’autoriser à poser n’importe quelle question qu’il estime nécessaire pour évaluer le candidat et ce, afin de juger de ses compétences mais aussi de son intelligence sociale.

La fonction publique cherche à recruter des personnalités ayant la tête bien faite et qui possèdent un certain recul par rapport à leur métier, mais aussi vis-à-vis de la société et de ce qui s’y passe.

Il est de moins en moins bien perçu qu’un candidat ne sache pas ce qui se passe, ne serait-ce qu’un peu, en France, en Europe ou dans le monde.

Ainsi, les candidats ne devront pas être étonnés si le jury est amené à demander par exemple, quelles seront les conséquences de la crise financière pour le développement des collectivités locales et ce, même si le candidat à qui l’on pose cette question passe un concours dans la filière technique.

9- Prendre les rennes et diriger l’entretien

Pour renverser la vapeur et diriger l’entretien, il suffit d’être généreux dans ses réponses et de « tirer » la question vers sa propre réponse.

Par exemple, supposons que vous passiez un concours pour entrer au ministère du développement durable, et que l’on vous pose la question suivante : Quelles sont les missions du ministère du développement durable ?

On peut imaginer que vous commenciez par répondre à cette question précise en quelques mots, en expliquant effectivement quelles sont ses missions. Mais, sans en rester là et attendre la question suivante, il est possible que vous continuiez à répondre en développant la définition du concept de développement durable, et en expliquant les enjeux qu’il implique.

En conséquence, vous pourrez répondre non plus en 30 secondes mais en 3 ou 4 minutes. A ce moment-là, c’est vous qui prenez la direction de l’entretien. Vous pourrez mettre sur la table des thèmes qui suggèreront de nouvelles questions au jury et qui l’amèneront à venir vous chercher là où vous souhaitiez qu’il aille.

Plus vous en donnerez au jury, plus il aura envie d’échanger avec vous et au pire, s’il sent que vous monopolisez un peu trop la parole, il vous arrêtera et passera à une autre question.

10- Au final, être un professionnel

L’objectif d’une épreuve orale est de transformer l’entretien en discussion professionnelle. En ce sens, l’idée à développer est que l’on n’est pas là pour faire plaisir aux membres du jury en leur donnant des réponses que l’on pense qu’ils attendent de nous.

L’objectif est tout simplement de donner envie aux membres du jury de vous recruter.

En conclusion

Dans le contexte actuel, où l’on attend de plus en plus des services publics et des services fournis par la fonction publique, être un bon élève devant un jury ne suffit pas : il faut désormais démontrer le professionnel que vous êtes, et donner au jury l’image du fonctionnaire que vous serez, une fois que vous aurez réussi votre concours.