Suisse, sale temps pour les fonctionnaires

Suisse, sale temps pour les fonctionnaires

Après les communes de Troinex et Cologny, Veyrier vient d’abolir purement et simplement le statut ses fonctionnaires en introduisant le salaire au mérite et élevant l’âge de la retraite. Depuis le milieu du mois de juin, après un vote unanime du conseil municipal, le statut des 65 fonctionnaires municipaux a été remplacé par des contrats individuels de droit public. La décision n’est pas anodine car les salaires, jusque là indexés sur une progression automatique à l’ancienneté, seront négociés à l’entrée en poste et selon le mérite ; la retraite passera de 62 ans à 64 ou 65 ans.

Si les collectivités suisses disposent d’une certaine latitude pour la gestion de leur personnel, en France le statut de la fonction publique est national et une telle décision n’est pas envisageable. Mais elle témoigne d’un mouvement de fond en Europe qui consiste à "privatiser" les agents. Après une période dans les années 90 et début 2000 de privatisation et d’externalisation massive des services - tendance qui s’inverse depuis quelques années - le recours aux contractuels, aux CDI et autres contrats aidés en France déporte le mouvement sur les agents eux mêmes. Une forme rampante de "défonctionnarisation" la fonction qui devrait pourtant rester publique. La fonction publique ne recrute pas moins, mais différemment.