Emmanuel, 48 ans, fonctionnaire de l’État en formation (CPF)

Emmanuel, 48 ans, fonctionnaire de l'État en formation (CPF)

Emmanuel, attaché d’administration, a entrepris une spécialisation en coaching dans le cadre du compte personnel de formation (CPF).

Je suis cadre A de la fonction publique d’État depuis 2002, d’abord en qualité de conseiller d’éducation populaire et de jeunesse (ministère de la Jeunesse et des Sports) puis au grade d’attaché depuis 2017 (ministères sociaux).

J’occupe actuellement les fonctions de chargé de contrôle au sein de la Plateforme juridique inspection contrôle de la Direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Normandie.

J’ai occupé des postes très variés tant dans le secteur privé (communication, relations publiques, événementiel, formation) que dans secteur public.

J’ai 48 ans et suis père de deux enfants.

Je suis titulaire d’une maîtrise d’anglais et d’un DEA en études théâtrales (Paris III Sorbonne Nouvelle). J’ai passé un an en Angleterre (Leicester, Midlands).

Après l’expérience de dix années d’un parcours spécialisé dans les secteurs artistiques et culturels à travers des missions de médiation et de communication, l’organisation d’événements et l’encadrement d’équipes, j’ai fait le choix d’intégrer la Fonction publique en 2002.

J’ai passé le concours de conseiller d’éducation populaire et de jeunesse (CEPJ auprès du ministère de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative) avec la spécialité art dramatique (une façon de valoriser mes acquis dans le domaine). Ce concours avait été réactivé par le plan Tasca/Lang/Buffet au début des années 2000. J’ai également vu là le moyen de rejoindre un système de valeurs (valeurs républicaines, service au public…) et de faire coïncider ma vie professionnelle avec ma vie personnelle (les relations publiques dans un théâtre est un métier passionnant mais les horaires sont peu compatibles avec une vie de famille, notamment au moment de l’arrivée d’un enfant…).

J’ai donc obtenu le concours de CEPJ, métier que j’ai exercé pendant 15 ans à travers différents postes et missions variées.

Mes diverses expériences professionnelles m’amènent aujourd’hui à identifier trois axes forts de compétences tournées vers la gestion administrative et financière, l’animation d’équipes et l’ingénierie de projet et de formation qui relèvent des compétences transversales. Mon parcours professionnel s’articule autour de trois grands domaines transversaux :
1 - conduite de projets, relations partenariales et organisation d’événements
2 – communication et formation
3 – management et encadrement

J’ai assumé la responsabilité de nombreuses missions en service déconcentré notamment dans le domaine des relations internationales (dossier que j’ai développé et qui m’a permis de faire valoir mes compétences en anglais).

Puis, de 2005 à 2009, j’ai occupé le poste de chargé de mission auprès du bureau des relations internationales en administration centrale (ministère de la Jeunesse), notamment auprès du cabinet ministériel (politiques jeunesse et événement jeunesse lors de la présidence de la France au Conseil de l’Union européenne en 2008).

Conseiller d’éducation populaire et de jeunesse, j’ai pu développer des compétences variées en qualité de pédagogue et d’agent de terrain, dans le domaine de la conception et de la conduite de projets, de la formation, de l’accompagnement et de l’animation de réseaux auprès de nombreux publics et dans une dynamique partenariale à tous les échelons du territoire national comme en Europe.

En 2009, par voie de détachement (auprès de l’agglomération de Caen-la-mer), j’ai eu l’opportunité de devenir directeur des études au sein de l’école supérieure des arts & médias de Caen-Cherbourg (ex-école des Beaux Arts) pendant deux années au cours desquelles j’ai assuré l’animation et la coordination des équipes administratives et pédagogiques, mis en œuvre et évalué les actions pédagogiques de l’enseignement supérieur et du secteur grand public et développé les actions de relations internationales en lien avec le 3e cycle (secteur de la recherche). J’ai également œuvré au rayonnement de l’école à travers des partenariats institutionnels et privés. Représentant des acteurs culturels et éducatifs locaux, j’ai également participé aux travaux du comité technique pour l’élaboration du Plan éducatif local (PEL) de la ville de Caen.

En septembre 2011, mon détachement ayant pris fin, je me suis vu confier le pilotage de l’Unité Jeunesse, Vie associative et Éducation populaire au sein de la Direction régionale jeunesse, sports et cohésion sociale à Caen et ai œuvré notamment à la mise en place de la nouvelle politique « Priorité jeunesse », déclinaison régionale des orientations du Comité interministériel de la jeunesse (CIJ).

Par la suite, afin de développer mes compétences en management et en gestion, j’ai choisi d’occuper le poste de directeur d’Unité de gestion pour le compte du CROUS de Caen (poste obtenu par voie de détachement auprès du CROUS de Basse-Normandie au cours de l’année 2013-2014). J’ai eu la responsabilité de l’encadrement de soixante personnes (équipe administrative, équipe de restauration, femmes de ménage, ouvriers et techniciens) au sein d’une résidence et d’un restaurant universitaires accueillant plus de 1000 étudiants.

Parallèlement à mon activité professionnelle, je suis très investi dans la vie associative qui me permet d’exprimer mon engagement citoyen et mon désir de transmission qui me valent l’acquisition d’une expérience extra-professionnelle significative.

Mon engagement associatif, tant au niveau national que local, m’a conduit à être administrateur de l’ANRAT (Association nationale de recherche et d’action) et membre actif du collectif national et international en faveur de l’éducation artistique (IDEA) pendant plus de dix ans.

Je suis également bénévole au sein de plusieurs associations (AMAP, président du comité de jumelages de ma commune, porteur de la licence entrepreneur de spectacles pour un festival local, vice-président du Comité départemental des jumelages du Calvados, administrateur de Maisons paysannes de France Calvados…).

Encouragé par la mobilité interministérielle liée à mon statut d’attaché d’administration et par l’ensemble de mes compétences (dont de nombreuses sont transférables), je souhaiterais, dans un avenir proche, contribuer au rayonnement de la France à l’étranger et serais notamment très intéressé par un poste de direction d’un service culturel en lien avec les Affaires étrangères par exemple. L’avenir le dira !

Dans un contexte de réformes de la Fonction publique et des profonds changements qui s’opèrent depuis plusieurs années, j’ai ressenti le besoin de faire un point et de voir comment pouvait évoluer ma carrière. C’est alors que je me suis tourné vers la CMC de la plate-forme régionale
d’appui interministériel à la GRH qui m’a accompagné pour un bilan de carrière et une réflexion sur mes compétences et expériences.

Après un travail sur mon parcours et une présentation du compte personnel de formation (CPF) sur mon lieu de travail, j’ai commencé à concrétiser l’idée d’une reprise de formation et d’une voie certifiante.

Formateur depuis plus de quinze ans en parallèle de mes diverses activités professionnelles principales et successives (qui relèvent tant dans le secteur privé que dans le secteur public), je souhaite aujourd’hui approfondir mes connaissances en direction de l’accompagnement adulte.

Fort de mon expérience puisée à la fois dans mon parcours professionnel (démarré au milieu des années 1990) et dans mon parcours de vie (adaptation au changement notamment), je perçois très clairement les perspectives qu’une spécialisation en coaching, située au carrefour de la formation, de l’audit, de l’expertise et du thérapeutique, peut m’offrir.

Une formation en coaching auprès d’un organisme de formation identifié me permettra, non seulement de parfaire ma pratique et mes connaissances, mais également d’obtenir une certification reconnue.

Je serai également légitime pour exercer l’activité de coach et développer mes compétences dans le domaine de l’accompagnement individuel et/ou collectif, y compris dans le champ de mes missions actuelles. Une équipe de coach a été créée il y a moins de deux ans au sein des ministères sociaux (essentiellement tournée vers l’accompagnement des managers). Peut-être pourrai-je rejoindre cette équipe prochainement…

L’entrée en formation pour un apprentissage de nouvelles techniques, méthodes et outils spécifiques destinés à m’apporter une meilleure maîtrise de ce qui a trait au coaching et au développement personnel sont indispensables pour me prévaloir de cette spécialité et de ce titre. J’ai régulièrement recours à la formation continue que mon ministère d’origine (Jeunesse, Sports et Éducation populaire) a toujours encouragée auprès de ses agents.

Je mesure l’opportunité qui m’est offerte car la formation que j’ai choisie a été acceptée dans le cadre du CPF : la prise en charge financière (d’un montant de 3000 €) est exceptionnelle.

La formation dure 335 heures, dont 72 se déroulent sur mon temps de travail : une trentaine d’heures en présentiel, à Paris, et l’essentiel à distance (télé et visio conférences, travaux de recherche, rédaction de mémoire…).

Certes il n’est pas toujours aisé de concilier vie professionnelle, vie privée et reprise d’études mais s’agissant d’une période limitée dans le temps (6 mois), tout est affaire d’organisation !

D’autant plus que, parallèlement, j’ai cumulé avec le concours d’attaché principal (APADE) dans le cadre d’un dossier RAEP. S’agissant d’un examen professionnel pour l’avancement au grade d’attaché principal, j’ai fourni un dossier qui a également nécessité une préparation et un temps de mobilisation importants jusqu’à l’épreuve orale qui a eu lieu il y a moins d’un mois (le 8 octobre dernier)…

Il va sans dire que cela constitue un sacrifice certain, que tout cela est très chronophage et que cela a un impact évident sur la vie personnelle. Sur le plan de la vie professionnelle, des aménagements sont parfois possibles mais les missions et la charge de travail ne sont pas diminuées pour autant…

Dans mon cas, plus qu’une affaire d’ambition, c’est avant tout une question de motivation et d’investissement. Je considère que c’est en quelque sorte le prix à payer pour rester acteur de mon parcours, y trouver du sens, valoriser mes acquis, monter en compétences et être en accord avec mes valeurs et mon engagement (aide à autrui, accompagnement, sens du service public, etc.). La Fonction publique offre une multitude de possibilités qu’il faut parfois savoir saisir ou susciter.

La formation que je suis actuellement constitue une réelle étape dans mon parcours. Parfois on me dit être à un tournant de ma carrière or je conçois celle-ci davantage comme une continuité, un chemin dont la linéarité est jalonnée par des temps forts qui constituent en quelque sorte le sel de la vie professionnelle ! Mais, en l’occurrence, cette formation constitue bien plus et s’avère ouvrir un champ des possibles qui dépasse largement le cadre professionnel…


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