Entretien de recrutement : répondre et poser des questions

Préparez vos questions avec votre coach concours et recrutement

Entretien de recrutement : répondre et poser des questions

Si vous vous attendez évidemment, lors de l’entretien de recrutement, à répondre aux questions de vos interlocuteurs, pensez aussi à préparer celles que vous pourriez à votre tour leur adresser. Quelles questions poser, dans quel but et à quel moment ? Laurent Boghossian, votre coach concours et recrutement, vous répond maintenant.


Laurent Boghossian est consultant en entreprise, ancien fonctionnaire et membre du jury, auteur du livre Prendre en main sa carrière territoriale. www.manantra.com


Dans tout entretien, ce sont les recruteurs qui tiennent les rênes de ce dernier. Du moins, jusqu’à un certain point. Ce sont eux qui vous présentent le poste, qui vous en donnent les spécificités et qui expriment leurs attentes.

Ensuite, viendra le moment où ces mêmes recruteurs en viendront à vous poser des questions sur votre expérience professionnelle, vos compétences ou sur vos méthodes de travail. Réflexe bien légitime puisqu’il est question pour eux d’identifier jusqu’à quel point vous pourriez prendre le poste qu’ils vous proposent.

Plus avant dans l’entretien, et pour les plus pointilleux d’entre eux, ils voudront peut-être savoir quel est votre niveau de connaissance de la collectivité dans laquelle ils exercent et ce, afin de savoir jusqu’à quel point votre intérêt pour le poste et la collectivité est sincère.

En ce sens, ils viendront vous questionner sur des thématiques liées à cette collectivité ou sur des projets qui auraient été lancés récemment.

Puis, une fois que cet échange aura eu lieu, ils vous poseront une dernière question : « Avez-vous des questions ? » Et c’est à ce moment-là que ces mêmes recruteurs observeront chez les candidats deux réactions systématiques :
- soit le candidat répond qu’il n’a pas de question,
- soit le candidat, pour faire illusion, demande de combien de tickets restaurant il pourra bénéficier.

Pour résumer ces deux réflexes : le candidat a subi l’entretien et ne pense qu’à une chose, partir en courant en fuyant la corvée qu’aura été cet entretien.

Bien entendu, c’est l’attitude inverse qu’il faut adopter.

L’occasion vous est donnée de briller par la pertinence de vos questions et de repousser vos recruteurs dans leurs cordes, alors pourquoi vous en priver ?

Puisque vos recruteurs affirment qu’ils veulent des agents performants, autonomes, chargés d’esprit d’initiative, motivés, engagés et possédant un réel esprit critique, et qu’en outre, ils affirment savoir exactement ce qu’ils souhaitent comme profil, eh bien il est temps pour vous de vérifier jusqu’à quel point cela est vrai.

C’est bel et bien à ce moment-là que le rideau tombe : lors de l’entretien, les recruteurs veulent que vous vous projetiez dans le poste, mais lorsque vous allez commencer à leur poser des questions précises, sur des fiches de poste on ne peut plus floues, il est fort possible que vous les preniez à contre-pied et qu’ils ne soient pas toujours à même de vous dire ce qu’ils attendent vraiment.

Le but de cette démarche est simple : leur démontrer que vous avez une capacité d’analyse et de réflexion. L’objectif est de leur prouver que vous avez scruté l’appel à candidature et que vous souhaitez en savoir plus sur la réalité du poste qu’ils vous proposent.

Ainsi, il vous faudra donc poser des questions. Lorsque vous entendez la phrase magique : « Avez-vous des questions ? », la seule attitude à adopter est de répondre haut et fort : « OUI, j’ai des questions à vous poser ».

À ce moment-là, vous devenez le patron de l’entretien. Vous n’avez plus qu’à poser vos questions et surtout : vous devez noter ostensiblement leurs réponses. Cela aura pour conséquence de mettre en avant votre sérieux et l’intérêt que vous portez au poste et à la démarche de recrutement.

Voici un petit florilège de questions que vous pourrez poser à votre auditoire :

  • Quel est le budget du service (en Investissement et en Fonctionnement) et comment est-il établi ?
  • Quelles sont les premières missions ou premiers chantiers que vous attendrez de moi si vous m’accordez ce poste ?
  • Y aura-t-il un transfert de compétences ou une période de formation ?

Donc, en conclusion, ne soyez pas pressé de sortir de l’entretien en espérant que votre auditoire fasse le travail pour vous. Ne lâchez pas prise trop vite et battez-vous jusqu’au bout.

Vous avez le droit de dire non, d’être sélectif et exigeant en vous assurant que le poste vous convient. Pourquoi être en soumission une fois de plus ? Donc, n’ayez pas peur des conséquences.

De bons recruteurs avec un vrai projet de recrutement apprécieront votre intelligence et votre curiosité au travers de ce genre de démarche même si les questions les surprennent.

De mauvais recruteurs auront peur de vous car vous les aurez démasqués en mettant en pièces le poste en carton-pâte qu’ils étaient sur le point de vous vendre.

Ils n’apprécieront pas votre esprit critique et ne seront jamais en recherche que de personnalités soumises qui acceptent tout et n’importe quoi. Il n’y a donc aucun intérêt pour vous d’être recruté par ce genre d’individus.


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