Line, 45 ans, fonctionnaire de l’État en reprise d’études après un bilan de compétences

Line, 45 ans, fonctionnaire de l'État en reprise d'études après un bilan de compétences

Conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation, Line a choisi, après un bilan de compétences, de reprendre des études de psychologie à distance. Elle raconte son parcours.

Le service public fut pour moi l’occasion de pouvoir contribuer humblement à l’amélioration du vivre ensemble. J’ai un parcours littéraire et après avoir travaillé dans le privé, j’ai décidé de suivre la voie du service public pour suivre mon aspiration première. J’ai passé le concours de conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation que j’ai effectué en milieu fermé (en détention) et actuellement en milieu ouvert.

Mon désir d’évoluer professionnellement a découlé d’un lent processus. Le besoin de faire un bilan de compétences s’est alors imposé pour pouvoir mener un travail de fond sur mon passé professionnel et la manière d’envisager la poursuite de mon investissement dans le service public.

Ma première démarche fut de rechercher le professionnel avec lequel j’allais entamer ce travail : j’ai rencontré ceux exerçant dans des cabinets spécialisés dans les bilans de compétences ainsi que ceux qui exerçaient dans le milieu du développement professionnel. Mon choix s’est porté pour l’un de cette dernière catégorie (une coach formatrice, enseignante mindfulness et instructrice MBSR).

Ce qui importe dans le choix de la personne qui vous accompagnera dans le bilan de compétences, n’est pas tant l’appartenance à l’une ou l’autre de ces catégories, mais ce que cette personne peut vous apporter avec les outils, connaissances et compétences dont elle dispose (et qui VOUS correspondent) pour vous faire évoluer. Il est donc essentiel d’identifier en soi notre besoin profond pour choisir le professionnel qui pourra le mieux y répondre, car le bilan de compétences peut aussi être vécu comme un outil de meilleure connaissance de soi.

Passé cette étape du choix du professionnel, j’ai ensuite déposé auprès de la commission statuant sur le droit à la formation professionnelle de mon administration une demande de bilan de compétences. Après un premier refus, j’ai renouvelé ma demande, laquelle a été acceptée l’année suivante, au mois de juin.

Le bilan de compétences était programmé pour 24 heures : 12 heures en présentiel et 12 heures de travail personnel. En réalité, j’ai passé beaucoup plus de 12 heures à réfléchir et travailler entre chaque séance. La cadence moyenne des rencontres étaient d’environ une séance tous les 15 jours (il m’est arrivé de rallonger ce délai selon mes besoins). Il est important d’établir une planification de votre bilan de compétences avant de le débuter afin que la facturation de la prestation puisse intervenir avant la clôture des comptes budgétaires de votre entreprise ou administration.

Mon bilan de compétences s’est déroulé par étapes :

  • une évaluation de mon histoire ;
  • analyse de mes contraintes et éléments pouvant freiner ma dynamique d’évolution ;
  • une description de mon parcours de formation et professionnel (avec l’élaboration d’un graphique sur mon parcours de vie) ;
  • mes acquis ;
  • mes aptitudes ;
  • mes motivations professionnelles et personnelles ;
  • synthèse de mon bilan avec mon projet professionnel.

Ces étapes ont été étayées par des questionnaires de personnes qui me connaissent, de professionnels pour la recherche sur les métiers et d’un test et d’un graphique.

À l’issue de mon bilan de compétences, les pistes retenues impliquaient que j’en passe par un parcours de formation. Cette phase fut pour moi la plus difficile car il s’agissait d’avoir les bonnes informations pour dégager une stratégie afin de mobiliser à bon escient le droit individuel à la formation. J’ai pour cela fait appel au service formation de mon service, aux conseillers en mobilité-carrière de la préfecture, au service de la formation continue de l’université des sciences humaines et du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers). Compte tenu du coût élevé d’une formation, j’ai opté pour la reprise d’études par le biais du service d’enseignement à distance de la faculté.

Cette démarche demande un investissement conséquent. J’ai dû faire le deuil d’un parcours de formation plus court. Pour autant, je ne regrette rien car ma plus grande crainte, à un moment de ma recherche, fut d’être confrontée à la question du financement : ce choix découle donc d’un compromis réaliste me permettant de continuer à travailler tout en me permettant de nourrir mon esprit par l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences. Cela m’a en outre redynamisée dans mon poste actuel car cela laisse la fenêtre d’espoir ouverte sur une perspective d’évolution professionnelle.

Mon conseil pour ceux qui se lancent dans une démarche analogue, c’est : -* de garder le cap sur l’objectif visé, quelles que soient les difficultés rencontrées (une fenêtre qui se ferme est aussi l’occasion d’en ouvrir une nouvelle !) ;

  • de faire appel à divers professionnels pour compléter les informations voire dégager de nouveaux axes de recherche ;
  • et enfin pour trouver de l’écoute et de l’encouragement lors des caps difficiles.

Concernant le bilan de compétences plus particulièrement, il est important de se demander ce qu’on en attend afin de ne pas se tromper dans le choix du professionnel qui nous accompagne, et de trouver la méthode qui nous correspond le mieux.


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