Corinne, 36 ans, éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse à Drancy (93)

Corinne, 36 ans, éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse à Drancy (93)

Le choix du service public a toujours été une évidence pour moi. Est-ce le fait d’avoir eu des enseignants engagés et habités par leur mission tout au long de mon parcours scolaire ? Ainsi, je n’ai jamais envisagé d’avoir une « carrière » autre qu’au service de l’intérêt général. Le service public permet de mettre du sens à son action, de donner du sens à sa fonction.

J’ai choisi le métier d’éducatrice à la PJJ (ministère de la Justice) parce que c’est le métier qui répond à mes attentes : je trouve que c’est un métier qui nous permet de rester en alerte intellectuellement, c’est une fonction qui nous oblige à nous remettre en question, du moins à questionner nos pratiques régulièrement puisque même si les situations des jeunes et de leurs familles ont des similitudes (précarité sociale, économique, culturelle…), les gens réagissent différemment et je suis souvent étonnée, bousculée dans mes certitudes et j’aime ça.

J’aime le contact avec les adolescents. J’aime observer la manière dont la relation se met en place lorsque je débute un suivi. J’aime ce challenge qui m’est donné d’aller percer, un peu, la carapace que ces adolescents se sont construite et voir comment, ensemble, on peut faire d’eux des membres prenant part aux affaires de la société, parce que pour moi, il est là l’intérêt général, le service public, c’est-à-dire permettre à ces jeunes, issus pour la plupart de milieux défavorisés, en tout cas dans mon secteur d’intervention, de prendre toute la place qui leur revient au sein de notre société.

Enfin, j’aime le travail en équipe. Et cela rejoint également l’idée de servir l’État. J’aime être un maillon dans la chaîne. C’est-à-dire que tout ne repose pas sur moi, mais que je suis un maillon dans une chaîne. Pour moi, il s’agit aussi d’apporter ma pierre à l’édifice qui est le vivre ensemble, le bien vivre ensemble.

Mon conseil pour réussir dans cette voie ? Il faut se renseigner autant que possible sur la réalité du métier d’éducateur à la PJJ. Selon le territoire, voire même les unités, le type de structure (hébergement, MO, CEF, etc.), le travail demandé n’est pas le même.

Il faut se connaître un minimum. Il faut connaître ses ressources mais aussi ses limites. Il ne faut pas avoir peur de l’échec, au contraire, c’est ce qui nous nourrit, c’est ce qui nous fait avancer. Il faut aussi savoir que l’on n’est pas éducateur à la PJJ pour sauver le monde. Sinon la désillusion risque de faire mal.

Enfin, il faut aimer l’Autre, l’accepter tel qu’il est si l’on veut travailler avec lui.


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