Entretien de concours : comment bien réagir aux questions pièges ou imprévues…

Les réponses de votre coach concours

Entretien de concours : comment bien réagir aux questions pièges ou imprévues…

Il y a tant de questions qui peuvent être posées par un jury… La réalité est que, quel que soit votre niveau de préparation, vous ne serez jamais à l’abri d’une question à laquelle vous ne savez pas répondre. Cela n’a rien de grave en soi. C’est la globalité de l’entretien qui amènera le jury à trancher dans un sens ou dans un autre. Les conseils et exemples de réponses de votre coach concours pour faire face en toutes circonstances.

Laurent Boghossian, coach concours

Laurent Boghossian est ancien ingénieur territorial, formateur, membre de jury, et auteur du livre L’art subtil de réussir son concours
www.manantra.com

Vous ne pouvez pas passer un entretien entier à dire « Je ne sais pas » , que ce soit pour votre spécialité ou pour une question plus générale. Les astuces du genre « Je ne sais pas répondre mais si cela m’arrivait en situation professionnelle, je saurais m’entourer des personnes compétentes, etc. » ne fonctionnent plus.

Les jurys les ont trop entendues et par ailleurs, vous devez quand même démontrer un certain niveau d’aptitudes et de compétences. Si vous ne savez pas ce qu’est un marché public ou comment on élit le maire, même dans les grandes lignes, c’est qu’il y a un problème et que vraisemblablement, vous n’avez pas abordé votre concours sous le meilleur angle.

Ainsi donc, la « faute » est permise mais, avant de baisser les bras et de s’avouer vaincu face à une question piège, vous pourrez essayer d’appliquer le plan suivant, pour être sûr qu’il n’y a pas moyen pour vous de sauver la mise.

Stratégie à adopter face aux questions pièges

  • Faites reformuler la question

Peut-être n’avez-vous pas bien saisi la demande. Les salles d’épreuves orales peuvent être bruyantes et, selon votre niveau de stress, peut-être la formulation de la question ne vous permet-elle pas de trouver la réponse. Parfois, une question reformulée peut ouvrir les portes d’un trésor de connaissances en possession du candidat.

  • Si la question contient un acronyme, demandez au jury de le décrypter

Peut-être ne savez-vous pas ce qu’est un MAPA, mais si le jury vous dit que c’est un marché à procédure adaptée, vous réaliserez peut-être que si c’est un marché public, vous pouvez apporter les quelques connaissances en matière de commande publique que vous avez en votre possession.

  • Vous ne savez vraiment pas de quoi l’on vous parle ? Alors, dites-le franchement, restez positif et ouvert sur la suite de l’entretien.

Si vous agissez tel que je viens de vous l’indiquer, et même si vous n’arrivez pas à répondre à la question, vous vous serez battu avec cette embûche et aurez essayé de construire une réponse. Pour le jury, il y a bien pire qu’un candidat qui ne sait pas répondre : un candidat qui ne se bat pas et n’essaie même pas de réfléchir.

Provocations en tout genre : réponses à donner

Il peut arriver que certains jurys tentent de jouer au jeu de la provocation afin de vous pousser dans vos retranchements. Ils utilisent des questions polémiques ou sensibles qui ont pour unique but de voir ce que « vous avez dans le ventre » et si vous êtes capables de résister à la passion en gardant votre calme et en répondant de manière professionnelle et posée.

Pour ce genre d’exercice, votre plus grand ennemi, c’est vous-même. Seule option pour contourner la difficulté : respirer et ne pas réagir.

  • Chiens écrasés

« Vous allez perdre le bénéfice de votre concours et en tant que directeur général des services, je vous propose de vous recruter pour ramasser des chiens écrasés. Acceptez-vous le poste ? »

Dans ce cas-là, peu importe votre réponse. La seule attitude est de donner une réponse et de l’assumer :

  • Soit vous dites que vous refusez le poste et que vous repasserez le concours s’il le faut (tout en expliquant que vous n’avez aucune valeur ajoutée, en tant que cadre supérieur territorial, à exercer ce genre de mission).
  • Soit vous dites que vous acceptez le poste et que cela vous servira de point d’entrée car il n’y a pas de métier qui n’ait pas d’utilité.

La première réponse restera quand même la plus appréciée. Le pire que vous puissiez faire sera d’essayer de fuir la question en disant que vous ne serez jamais face à une telle situation.

  • Les attaques sur les femmes

« N’est-ce pas rédhibitoire d’être une femme, d’élever une famille et dans un même temps de vouloir prendre des responsabilités de cadre supérieur ? »

Dans ce cas-là, il faut absolument rester calme et professionnel en expliquant que désormais, il existe tout un tas de solutions permettant aux femmes et à leur conjoint de gérer ce genre de situations et, qu’en conséquence, mener une vie de famille et professionnelle en même temps n’est absolument pas rédhibitoire.

  • Les attaques sur les contractuels

« Vous êtes contractuel ? Vous avez choisi ce statut pour mieux négocier votre salaire ? Vous n’êtes pas un vrai territorial. »

La solution à ce genre de provocation est simple : il suffit de dire que le statut de contractuel vous a permis de mieux connaître la fonction publique territoriale et de mieux appréhender ses enjeux et modes de fonctionnement et que justement, vous passez le concours pour embrasser pleinement une carrière territoriale. CQFD.

Questions de management : exemples et amorces de réponses

Il existe des questions que l’on retrouve régulièrement et systématiquement lors des épreuves orales. Ce sont des questions liées au management des hommes et des équipes.

Ces questions apparaissent comme tordues aux yeux des candidats car les problèmes de management évoqués ne peuvent être résolus en une seule réponse de candidat à un concours.

Le management est tellement lié au contexte, à la relation entre les individus, que les candidats sont parfois pris entre deux feux : donner une réponse sincère ou donner une réponse qui fera plaisir au jury.

Bonne nouvelle, il est possible d’obtenir les deux. Voici quelques exemples de questions et amorces de réponses.

  • « Vous prenez en charge une nouvelle équipe, quelle sera votre démarche ? »

Observer le quotidien, comprendre les hommes, observer le quotidien, comprendre les hommes puis proposer en douceur, associer régulièrement, proposer en douceur, associer régulièrement…

  • « Vous ne partagez pas le même avis que votre supérieur sur un objectif à fixer à votre équipe, que faites-vous ? »

Apprendre à négocier avec l’interlocuteur. Le problème c’est le blocage, pas l’individu. Se baser sur les faits pour étayer ses propos.

  • « Selon vous, qu’est-ce qu’un bon cadre/bon manager ? »

Ceci est une réponse personnelle : un adulte qui a du courage pour assumer ses choix. Quelqu’un qui sait développer un management participatif mais trancher lorsqu’il le faut sans avoir peur des conséquences.

  • « Que faites-vous lorsque vous constatez que le travail demandé ne sera pas finalisé en temps voulu par un collaborateur ? »

Toujours remonter à la source et se remettre en question. Ai-je fait un suivi suffisant ? Comment se fait-il que je découvre le problème tardivement ? Lui ai-je donné toutes les ressources pour qu’il travaille correctement ?

Parler calmement, autoriser l’erreur au délégataire et la fois suivante, faire un suivi plus précis du collaborateur. La cible est de régler le problème et non pas de démolir l’agent.

Plaisir, ouverture et curiosité

Les épreuves orales sont des épreuves stressantes :

  • d’une part, car elles constituent un point culminant de votre parcours ;
  • et d’autre part, car c’est l’épreuve où vous aurez le plus de mal à identifier si vous êtes suffisamment préparé ou pas.

Il est impossible de verrouiller complètement un programme de concours et au bout d’un moment, nous sommes obligés de nous en remettre au sort et de nous présenter face au jury.

La principale attitude à adopter pour vous rapprocher de la réussite ? Il vous suffit de prendre du plaisir, d’ouvrir les yeux et de vous inspirer de ce qui vous entoure.

Il est vrai qu’une préparation au concours peut, selon les cas, représenter un chemin long et parfois douloureux. Surtout lorsqu’au final, la réussite n’est pas au rendez-vous. C’est pour cela qu’il est important de prendre du plaisir.

Vous devez prendre du plaisir à parcourir ce chemin qui vous amène à votre grade d’ingénieur ou d’attaché et ce, tout simplement parce que l’important est ce que vous êtes en train d’apprendre.

Pour réussir, trouvez-vous un mentor et adaptez votre attitude sur la sienne. Laissez-vous inspirer par des individus qui vous stimulent fortement et calibrez votre comportement sur ces personnes qui ont réussi et avec qui vous partagez une vision commune.

L’objectif est qu’à terme, vous puissiez développer votre propre vision et mettre en œuvre vos convictions au quotidien, vos valeurs en tant qu’individu.


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