Plus de 2 600 postes de fonctionnaires ITRF proposés chaque année

Plus de 2 600 postes de fonctionnaires ITRF proposés chaque année

Les universités, les rectorats, les lycées, les grands établissements tels que le CNAM et les centres de recherche emploient des ITRF. Certains emplois relèvent de spécialités très pointues telles que la chimie, la biologie, la physique. D’autres concernent la gestion administrative, l’entretien des bâtiments, la maintenance informatique, la communication…

Le sigle ITRF désigne un ensemble d’emplois peu connus, pourtant exercés par 60 000 fonctionnaires des catégories A, B et C. Sylvie Beyssade, membre de jury depuis 17 ans, et Valentin Sartre, médiateur agréé auprès de l’ordre des avocats du barreau de Paris, nous parlent de ces métiers qui recrutent et des concours qui permettent d’y accéder.

Tout d’abord, pouvez-vous nous dire à quelle fonction publique appartiennent les ITRF ?

Les ITRF sont des fonctionnaires d’État.

Où travaillent-ils ?

Ce sont les universités, les rectorats, les lycées, les grands établissements tels que le conservatoire national des arts et métiers et les centres de recherche, qui les emploient, en plus des enseignants et des chercheurs bien entendu.

Ils représentent un effectif total de 60 000 personnes qui sont chargés d’assurer l’ensemble des fonctions supports.

Que signifie exactement ITRF ?

Vous ne serez pas beaucoup plus informé si nous développons le sigle car vous aurez l’impression qu’il s’agit d’emplois très spécialisés dans le domaine technique et dans la recherche. ITRF signifie Ingénieurs et Techniciens de Recherche et de Formation.
En réalité, ce sont des emplois qui concernent toutes les spécialités et tous les métiers.

La catégorie A regroupe les emplois d’encadrement (ingénieurs), la catégorie B (techniciens) l’encadrement intermédiaire et la catégorie C (adjoint technique) l’exécution.

L’accès se fait-il par concours ?

Oui, bien sûr comme pour la plupart des emplois de fonctionnaires. Pour autant, comme le sigle ITRF n’est pas connu, les candidats sont moins nombreux que pour les autres concours et le taux de réussite est plus élevé.

Quelles sont les conditions de diplômes pour se présenter ?

Il existe, comme pour tous les concours de la Fonction publique, trois types de concours :

  • Le concours externe concerne les personnes qui ne sont pas déjà fonctionnaires. Il faut être titulaire d’une licence pour présenter la catégorie A, du bac pour les concours de catégorie B et du brevet pour les concours de catégorie C.
  • Le concours interne concerne essentiellement les fonctionnaires.
  • La 3e voie est ouverte aux personnes qui ont une expérience dans une activité professionnelle de droit privé, d’élu local ou de salarié ou aux responsables bénévoles d’association.

Tous les emplois ITRF font-ils appel aux mêmes compétences ?

Non, pas du tout. Certains emplois relèvent de spécialités très pointues telles que la chimie, la biologie, la physique. D’autres concernent la gestion administrative, l’entretien des bâtiments, la maintenance informatique, la communication etc.

Comment un candidat peut-il se repérer ?

Il faut savoir qu’il existe 242 types d’emplois et que ceux-ci sont regroupés dans 8 Branches d’Activités Professionnelles appelées, dans le langage courant, « BAP ».

Trois de ces « BAP » regroupent les fonctions les plus généralistes qui intéressent le grand public. Il s’agit de la BAP J « administration et pilotage », de la BAP G « patrimoine immobilier, logistique, restauration et prévention » et de la BAP E « informatique, statistique et calcul scientifique ».

Pouvez-vous donner des exemples ?

Oui. Par exemple :

Le plus simple, pour connaître tous les emplois, est de consulter le RÉFérentiel des Emplois-types de la Recherche et de l’ENseignement Supérieur (REFERENS).

Comment faire acte de candidature ?

Les inscriptions se font sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Les dossiers peuvent être retirés vers le mois d’avril.

Comment le jury sélectionne-t-il les candidats ?

En premier lieu, le jury vérifie si le candidat possède les compétences requises pour le poste et le métier visés. À compétences égales, son choix portera sur le candidat qui s’intéresse à l’organisation et au fonctionnement de l’établissement qui recrute (université, lycée, centre de recherche etc.) et qui fait preuve d’ouverture d’esprit et de curiosité.

Comment le jury peut-il évaluer ces qualités ?

Dans la plupart des concours, le candidat doit présenter son parcours professionnel dans un rapport d’activités. C’est un élément d’information essentiel pour le jury. Si ce rapport n’est pas demandé, le candidat doit redoubler d’effort à l’oral pour faire valoir qu’il est « le meilleur » ou « la meilleure ».

Dans tous les cas, il ne s’agit pas d’arriver au concours sans préparation. Le parcours professionnel doit être minutieusement travaillé afin de mettre en valeur les éléments qui correspondent aux attentes du jury. C’est un peu comme un commerçant qui présente une vitrine. Il exposera les articles qui peuvent convenir à l’acheteur pour que celui-ci ait envie d’entrer dans son magasin.

Dans le cas d’une candidature ITRF, il faut que le candidat cherche dans son parcours les compétences que le jury attend et qu’il les mette en évidence. Il ne doit surtout pas exposer toute sa vie professionnelle par ordre chronologique sans faire de « tri ».

Pratiquement, comment bien se présenter ?

C’est une excellente question car tous les candidats ont de grandes difficultés pour se mettre en valeur. La plupart d’entre eux se présentent comme Nicolas :

« J’ai passé un bac littéraire et j’ai ensuite été reçu au brevet d’aptitude à la fonction de directeur de centres de loisirs.

J’ai ensuite fait un remplacement à la Poste où je triais le courrier et où j’accueillais le public. J’aimais beaucoup avoir des contacts avec les usagers. Je les conseillais dans leurs démarches. Pendant cette période, j’ai développé mon sens relationnel. Je savais même gérer les conflits ou les mécontents. Je faisais d’ailleurs preuve de sang-froid.

Comme c’était un remplacement, il a fallu que je cherche un contrat à durée indéterminée. C’est pourquoi j’ai accepté de travailler dans la restauration. Ce métier était très intéressant car il fallait être dynamique, ce qui correspond à mon tempérament. J’étais apprécié par mes chefs parce que j’allais très vite dans le service et que je passais le plus de clients par heure.

Au bout de deux années, j’ai souhaité être plus autonome et j’ai accepté un poste de manager. La chaîne de restauration rapide à laquelle j’appartenais m’a formé aux techniques de management. Je dirigeais alors 20 salariés. J’assurais, par ailleurs, la commande et la gestion des stocks. Je devais faire l’analyse des résultats par rapport aux objectifs qui m’étaient assignés. J’étais tenu de tenir une comptabilité précise et de gérer une trésorerie importante.

Suite à cette expérience très enrichissante, je me suis décidé à entrer dans la Fonction publique. »

Cette présentation a un défaut majeur : Nicolas « se raconte ». Sans penser aux centres d’intérêt de son lecteur, il énumère chronologiquement les tâches qui lui ont été confiées. Il en résulte une rédaction décousue qui donne l’impression qu’il a évolué au gré des opportunités.

L’utilisation abusive du « je » conforte l’idée qu’il réalise des tâches successives sans manifester son intention de diriger son parcours professionnel. C’est la raison pour laquelle son parcours paraît peu cohérent.

Dans notre livre sur les concours et les examens professionnels ITRF, nous expliquons très précisément ce qu’il faut faire et ne pas faire à chaque étape de l’élaboration du rapport d’activités et de l’exposé oral.

Tout d’abord nous demandons au lecteur de s’identifier à un personnage fictif qui présente le même concours que lui. Puis, nous l’invitons à choisir, entre 2 ou 3 propositions de présentation, celle qui est préférable. Évidemment, nous donnons ensuite la bonne solution.

Après ce travail de réflexion, le lecteur est en mesure de sélectionner, dans son propre parcours, les informations qui convaincront le jury.

Quels conseils donneriez-vous aux candidats ?

Très clairement, nous pensons qu’il faut se présenter à plusieurs concours en même temps. Même si les contenus des épreuves ne sont pas toujours identiques, les bases de compétences sont souvent similaires.

Pensez-vous à des emplois particuliers ?

Oui. Les personnes qui recherchent des postes de secrétaire s’engouffrent tête baissée dans les concours de secrétaire administratif et de secrétaire administratif de l’éducation nationale (catégorie B). On peut le comprendre parce que l’intitulé du concours leur « parle ». Elles ont d’ailleurs raison de tenter leur chance.

Mais il faut savoir que, ces concours étant très connus, le nombre de candidats inscrits est élevé. De ce fait, la sélection est très rude. C’est pourquoi il faut démultiplier ses chances en se présentant au concours ITRF équivalent de catégorie B.

Quel est le taux de réussite des concours ITRF ?

Pour les trois catégories des concours ITRF, le taux de réussite (nombre d’admissibles/nombre d’inscrits) est de 33.90 % (chiffre 2018).

Un autre conseil aux candidats ?

Il faut que les candidats aient une vision claire de l’organisation des emplois de la Fonction publique pour bien se préparer et bien se présenter aux concours. Pour cela, nous conseillons de consulter notre livre ITRF ITA. Nous avons fait un gros travail pour présenter les informations le plus clairement possible.

Par ailleurs, nous avons choisi d’être en interactivité avec nos lecteurs. Cela signifie que nous leur posons des questions tout au long du livre pour les aider à réfléchir. En principe, cela fonctionne bien car nous avons de bons retours.


Le livre peut être commandé :


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